Anglet : les jeunes écocitoyens en mission dans le parc Izadia

Cinq adolescents d’Habas-la-Plaine et des Hauts de Sainte-Croix, après le surf, ont participé au ramassage de la sénéçon du Cap, une plante invasive, mardi dernier

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Publié le 31/10/2015 à 03h48 , modifié le 02/11/2015 à 09h12 par FéLIX DUFOUR

Depuis dix-huit ans, l’association Surf insertion met en œuvre, en Aquitaine, des actions favorisant la pratique des sports de glisse et d’actions écocitoyennes sur le littoral aquitain, en faveur des jeunes des villes et des zones rurales habituellement exclus de cette pratique. C’est Hassan El Houlali, à Bordeaux, qui, à l’époque, a amené des jeunes des banlieues s’initier à la glisse, lors d’une compétition pro à Lacanau. Depuis, 120 structures qui ont vu défiler 3 000 jeunes à l’année ont été mises en place sur tout le territoire, dont 80 % en Aquitaine, avec l’aide indispensable de la Région, des Départements et de l’État.

Mardi dernier, Surf insertion a organisé un chantier écocitoyen et un atelier « éco-océan » en partenariat avec le parc écologique Izadia, à La Barre, et l’association Labo APSP (Association pour la promotion sociale et professionnelle).

Ainsi, cinq jeunes, Youssef, 15 ans, Samy, 15 ans, Cheikh, 15 ans, Adrien, 16 ans, et Fanny, 17 ans, vivant aux Hauts de Sainte-Croix et d’Habas, étaient-ils à pied d’œuvre, accompagnés de Sandrine Baret, l’éducatrice de rue du Labo-APSP, Benoît Rambeau, chargé du développement événements et territoires et Manu, pour le surf, les deux derniers sont salariés de Surf insertion.

L’esprit Surfrider Foundation

La philosophie de cette association est le « TPV-TDM » comme l’indique Benoît Rambeau : « C’est simple, Tu prends la vague et tu donnes à la nature. Avec le surf, on a accoutumé ces jeunes à cette activité de pleine nature pour qu’ils prennent connaissance de façon ludique et en toute sécurité de ce milieu, sous la direction de Manu. Nous les avons amenés à Hendaye, car c’est la meilleure plage ici pour s’initier à ce sport. Ils ont donc reçu et redonnent, en participant à ce nettoyage à Izadia. On peut dire que nous sommes complémentaires de l’esprit de l’action de Surfrider Foundation. »

C’est Valérie de Dequeker, l’adjointe déléguée à l’environnement et conseillère communautaire, qui a accueilli le groupe avec la directrice du parc, il fermera à l’issue de ce week-end, Dominique Gibaud-Gentili.

Tout d’abord, les ados ont commenté leurs fortunes diverses sur les vagues. Adrien avait grande envie de pratiquer le surf avec des écoles labellisées par la Fédération française de surf et Samy de le découvrir, en revanche Fanny ne poursuivra pas l’expérience. « Je me suis rendu compte que j’avais un peu peur de l’eau », commente-t-elle.

Puis, ils décrivent la mission à laquelle ils consacreront leur journée : le ramassage du sénéçon du Cap, cette jolie fleur jaune, originaire d’Afrique du Sud, introduite en France par l’industrie lainière, avec Olivier, le guide naturaliste d’Izadia. La fleur a pris ses aises un peu partout, dont à Izadia, et le vent emporte ses graines après la floraison. C’est ainsi qu’elle croît et se multiplie au détriment des plantes indigènes.

Des sacs entiers

Les ados, accompagnés du guide du parc et de leur encadrement, les mains protégées par des gants, ont rempli, toute la journée, des sacs entiers des jolies fleurs jaunes. « Ils ont bien aimé ce chantier écocitoyen, car leur travail était visible, assure « Benbeach », le surnom de Benoît Rambeau qui œuvre depuis quinze ans avec Hassan El Houlali. Nous avons pris des photos de la zone avant, de couleur jaune, et après, complètement nettoyée. Nous avons quand rempli une benne de 2 m³, à la grande satisfaction d’Olivier, mais aussi Sébastien, l’autre technicien du parc. »

Hier, « Benbeach » était en Gironde sur la réserve naturelle des Quinconces, à Saint-Brice, avec un groupe de 16 ados. « Cette fois, c’est pour arracher du baccharis, ces faux cotonniers, car nos chantiers ne sont pas terminés, on travaille toute l’année. » Surf insertion espère que ces chantiers permettront aux ados de créer du lien, et que ces courtes missions se transformeront en véritables emplois. C’est en semant que l’on peut espérer récolter les fruits de la moisson.